Ceux qui n’ont pas lu « Pantruche » de Fernand Trignol ou « Jésus la Caille » de Francis Carco ne peuvent pas
aimer Paris, ne peuvent pas comprendre Paris.
Ceux-là ne peuvent aimer
Paris que du bout du cœur, en touriste, croyant que Paris se limite à la Tour Eiffel, au Louvre et au Sacré-Cœur…Non, Paris pour moi c’est bien autre chose, je l’aime profondément, avec mes
tripes, mon cœur, mes yeux, mon nez, je l’aime comme un Corse aime son île, son village : avec ses tripes, son cœur, ses yeux, son nez. Comme un
Corse a besoin de sentir le parfum du maquis, moi, pour vivre, j’ai besoin de respirer l’air de Paris.
J’aime voyager, c’est vrai mais trop longtemps loin de Paris, je m’étiole, je déprime, je n’ai plus envie de vivre. Cela ne s’explique pas, c’est dans mes gènes ! Bien que née à Lyon, je
suis « Parisienne » depuis Henri IV et je ne savais pas, avant de venir m’y installer que mes vraies racines étaient ici. Et depuis
quarante ans, je ne cesse de me documenter, de « fouiller » Paris en long et en large et chaque jour qui passe, je me dis que je ne sais rien encore. Certes, s’il m’arrive encore
d’aller faire un tour sur les Champs Elysées, c’est pour y emmener ma petite-fille à Noël. A trop vouloir s’embellir les champs n’ont plus le charme,
l’attrait qu’ils avaient il y a 40 ans Ils sont devenus maintenant la « carte de visite » de Paris et n’attirent plus que les touristes et les jeunes des cités de banlieue quand il y a
quelque chose à casser…
Non, pour moi Paris, ce sont les rues qui ont une histoire « secrète » quelque chose à découvrir, un personnage célèbre qui y a vécu, un événement « qui a fait Paris » Par exemple, prenons un endroit bien connu : la place du Tertre, et bien la seule chose « intéressante » c’est « chez la mère Catherine » car c’est dans ce restaurant qu’est né le terme « bistro »…mais ceci est une autre histoire.
Paris, c’est l’argomuche, combien de « parisiens » aujourd’hui emploient les mots « brichton » pour parler du pain « bignolle » pour parler de la concierge, « Pantruche » pour dire « Paris » ?
Et Paname, c’est aussi Barbès, La Chapelle, la Grange aux Belles, canal St Martin, tous ces coins où le touriste ne va jamais fort heureusement. Où l’on n’a pas encore tout « modernisé » Mais quel bonheur quand il fait beau, de prendre un « casse-dalle » et d’aller le « déguster » sur le bord du canal, plutôt que de rester enfermer dans un troquet bruyant. Quel plaisir de se balader de Barbès à La Chapelle…parce que Paris, c’est aussi les quartiers d’immigrés, car ce sont aussi eux qui ont fait Paris
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