David Reinhardt clôture en beauté le festival Jazz in Aiacciu à la
Citadelle
Le talent, lorsqu'on s'appelle Reinhardt, n'attend pas le nombre des années. David, de son prénom, est le petit-fils de
Django. Il est au jazz ce que Mozart est à la musique classique. Virtuose de la guitare, David Reinhardt donne son premier concert à l'âge où l'on apprend à lire, sur la scène des Django d'Or, au
Théâtre de Boulogne-Billancourt, aux côtés de son père, Babik. Autant dire qu'à 22 ans, David affiche déjà 16 ans de carrière. Si la ressemblance avec le chanteur pop Pete Doherty est troublante,
elle reste purement physique. David, lui, vibre et vit pour le jazz. Avec son trio, il est l'invité du festival Jazz in Aiacciu, pour la soirée de clôture, demain à la citadelle.
Rencontre avec une forte personnalité qui n'imite pas. Pas même son grand-père auquel la musique doit le jazz manouche.
Ce patronyme est-il parfois un héritage lourd à porter ?
Il est certain que cela peut avoir des avantages, ouvrir des portes plus facilement, mais les gens s'attendent souvent à
ce que je joue du jazz manouche moi aussi, alors ils sont surpris. Or, en ce qui me concerne, je n'ai pas voulu l'imiter. Django, c'est pas humain (rires) ! J'essaye de développer mon propre
style. J'ai appris la musique avec mon père puis avec Frédéric Sylvestre, avant d'entrer à l'école parisienne de jazz, CIM. Mon univers est celui de la guitare américaine, Gibson 175, Wes
Montgomery, René Thomas, les standards américains. Pour l'instant, je n'ai pas à me plaindre, mon 2e album, The way of heart, chez Cristal Records, est sorti cette année. Et j'enchaîne
les concerts.
Comment expliquer cette fascination pour le jazz ?
Si le jazz est aussi fascinant à jouer, cela tient à la création, à la liberté d'expression, la culture de
l'improvisation, des boeufs entre artistes.
Aviez-vous conscience d'être aussi attendu à Ajaccio ?
En tous les cas, c'est un vrai bonheur de venir y jouer. L'accueil en Corse est fantastique. J'avais déjà joué l'été
dernier à Coti, au festival « Les amis de Django », organisé par Jean-Jacques Gristi. Les Corses sont de fins connaisseurs de la guitare.
Quels sont les rêves d'un artiste déjà comblé ?
Continuer à faire des concerts, à voyager, développer ma musique. En février dernier, j'ai joué à Tahiti avec
Jean-Jacques (Gristi). L'an prochain, je fais une tournée à travers le Canada. Pourquoi pas jouer avec des artistes issus d'univers différents, comme la techno, la musique n'a pas de
frontières...
Jazz in Aiacciu, billetterie chez Vibrations, La Marge et Rapsodie. Il ne reste que quelques places
pour le concert de demain à 21 h à la citadelle.
Propos Recueillis Par Lucile Caïtucoli
source : http://www.corsematin.com/une
Derniers Commentaires